Extraits du livre d’or – 40ème anniversaire

C’est une bonne idée de regrouper toutes les sortes d’anciens, d’évoquer des souvenirs et revoir les photos des fêtes …

Une belle journée ensoleillée pour cette fête fraternelle merci…

J’ai passé une journée qui sera pour moi inoubliable…

Quelle journée pleine de souvenirs , merci à vous…

Les 3A sont une mine précieuse de souvenirs et d’échanges entre anciens et (moins) anciens..

J’ai pu partager mes souvenirs d’adolescentes, me retrouver sur des photos, apporter mon témoignage à des jeunes filles en foyer à Versailles. Je leur ai dit de bien profiter surtout des camps de vacances, de sport, car ce fût un véritable levier pour les rencontres à l’extérieur…

J’aurais aimé voir plus d’anciens de ma génération, et aussi d’anciens éducateurs..

Bravo aux bénévoles des 3A qui ont organisé cette journée dans ce cadre superbe, et qui ont su donner une tonalité très conviviale. Merci…

Très bonne idée ce pique nique. A refaire…

Très bonne journée pour les 40 ans des 3A L’ambiance super.. et une superbe organisation merci à tout le monde…

Une journée inoubliable pleine d’émotion cela restera gravé à jamais dans ma mémoire…

Une belle journée sous le signe de l’accompagnement, de l’aide et de la solidarité…

Redécouverte du sens du partage entre générations !!

Nos efforts ont été récompensés. Vivement le 50ème…

Journée du 21 mai : 40e anniversaire des 3A

Nous approchons de la date de l’anniversaire de l’association, le 21 mai 2011. Au vu des réponses déjà reçues, nous pouvons compter sur une forte participation des anciens de l’AVVEJ, aussi bien salariés qu’anciens jeunes.

Les préparatifs vont bon train, chacun se mobilise. Il ne reste qu’à compter sur une météo clémente.

COUTUMES ET TRADITIONS AFRICAINES

COUTUMES ET TRADITION AFRICAINES
CEREMONIES, CELEBRATION, FESTIVITES

Les coutumes africaines étant vastes et diversifiées, et ne connaissant pas tout de l’Afrique, je ne parlerai ici que de l’Afrique centrale qui pour moi garde à peu près les mêmes cultures et traditions.
Je me rends compte qu’africaine que je suis, je dois sans cesse apprendre pour connaitre mes racines, d’où je viens, qui je suis.
Je pourrais me contenter, comme beaucoup d’entre nous qui sont venus ici trop jeunes, ou qui sont nés ici, de dire « c’est normal de ne pas connaitre, mais, n’oublions pas qui nous sommes, d’où nous venons, souvenons-nous de la terre de nos parents. »
Le pilier de la culture africaine reste bien évidemment la famille. Très unis en Afrique, nous ignorons le mot « SDF » ; on ne dormira jamais dans la rue, même en étant sans emploi, on aura toujours à manger, même si ce n’est pas à sa faim, on aura toujours à boire, même de l’alcool ! Il y aura toujours une personne qui vous tendra la main.
Dans la culture africaine, la fille reste avec la mère qui lui apprendra comment tenir une maison, les secrets de la cuisine et de la beauté et, bien sûr, comment garder son mari. Elle vous dira aussi de toujours « supporter » même si cela est difficile, dans la vie on n’obtient rien sans rien.
La femme reste la maîtresse de maison, c’est elle qui prend les décisions, gère le budget du foyer. Autrefois, la femme ne travaillait pas. De ce fait, l’homme subvenait aux besoins de sa famille, mais aujourd’hui, la femme travaille et s’émancipe. Le mari subvient toujours aux besoins du foyer. La femme n’apporte quasiment rien de son salaire ; celle-ci accomplit à son tour son devoir de fille envers ses parents en leur apportant une aide financière ; c’est la logique qui veut qu’une fois grande, mariée, l’on soutienne ses parents. Il serait anormal pour une africaine de délaisser sa famille, chose qui serait encore plus anormale pour nous les africains de l’Occident.

DOT, DEMANDE EN MARIAGE ET MARIAGE COUTUMIER
Mon souvenir sur la dot, le mariage coutumier remonte à mon enfance. Ce fut celui de mon oncle et d’une copine ivoirienne de ma cousine, il y a 7 ans. La famille de la mariée souhaite généralement avoir des tissus, pagnes, du poisson, de l’alcool, une somme d’argent définie a l’avance, du sel et une bête à égorger.
Le futur gendre doit se présenter officiellement à sa belle famille, accompagné de la sienne, jamais les mains vides et toujours entre hommes à l’exception de la prétendante qui est conviée pour valider son choix sur l’homme, et si elle est sure de sa décision. Les parents décident de la date du mariage si les deux parties sont d’accord sur le montant de la dot.
Lors du mariage, les belles-sœurs sont chargées d’aller chercher la future femme dans sa famille. Tout un cortège s’élance sur la route, accompagné des youyous et des chants, pour signifier l’heureux évènement aux passants et aux voisins.
Chaque village ayant un chef de tribu, celui-ci se chargera de la cérémonie. Vient ensuite le tour du chef de famille de prendre la parole pour accueillir son gendre, en lui précisant bien qu’il vient de lui confier sa fille avec ses deux bras, jambes et tout le reste, et si jamais celui-ci souhaitait se séparer d’elle, il voudrait la récupérer telle qu’il leur aura confiée, pas un seul membre manquant.
Pour moi, le mystère qui reste encore entier concerne la question du sel. Pourquoi les mamans se retirent-elles dans une pièce avec leur fille et le sel ? Que font-elles de ce sel ? Où le mettent-elles ? Trop de questions et pas de réponses, peut-être le saurais-je un jour, si jamais je venais à faire la même chose.
A rappeler, que le mariage coutumier et religieux reste plus important dans la culture africaine que le mariage civil.
Si le beau-père n’accepte pas son gendre ou à l’inverse qu’il n’y ait jamais eu de présentation officielle, ni de dot et que la fille soit partie sans le consentement de ses parents, comme ce fut le cas pour ma mère, le beau-père ne mettra jamais les pieds dans la cour de son gendre. Dans mon cas, je ne suis pas sensée porter le nom de mon père. Il n’y a jamais eu de dot et si ma mère venait à disparaître, elle serait enterrée dans sa famille et non celle de son mari ; elle n’est pas non plus obligée de porter l’habit de deuil. Par contre, une femme qui aura reçu la dot, même si officiellement elle était divorcée, si elle décède, elle sera inhumée dans sa belle famille.
Je me souviens que lorsque j’étais petite, à chaque fois que mon grand-père souhaitait voir ma mère, il criait toujours le nom de ma mère, à l’entrée de la maison de son gendre, tout ceci pour éviter d’y pénétrer. Il n’y a pas très longtemps que mon acte de naissance a été enfin changé pour que le nom de mon père soit en premier !
Le jour où il accepta de reconnaitre mon père comme son gendre, ils effectuèrent des rites au lever du jour. Mon grand-père paternel n’étant plus de ce monde, il fut représenté par son grand frère. On égorgea un mouton, son sang fut mélangé au vin de palme. Mon père, ma mère, les poings liés, burent dans un premier temps, puis vint mon tour, celui de mon oncle et de mon grand-père maternel. Attention, cela ne représente pas la dot, mais juste que mon père serait désormais le bienvenu dans la demeure.

CEREMONIES LORS D’UN DEUIL :
A savoir les familles ne se mélangent pas lors d’un deuil, et généralement nos morts sont enterrés dans nos villages. Les funérailles sont faites en deux étapes, petites qui surviennent 4 jours après la mise en terre pour une femme, 5 jours pour un homme, puis 1 an après pour les grandes funérailles. C’est à ce moment que la pierre tombale est posée et que l’on fait définitivement ses adieux au défunt. Une lampe restera jour et nuit allumée sur la tombe jusqu’aux petites funérailles.
Avant la mise en terre du défunt, il y a les palabres. Chaque représentant de famille a droit à la parole devant la cour, avec un bâton. Le chef de famille du défunt doit narrer sa vie, donner les consignes qu’il a laissées avant sa mort, les causes de son décès et combien de temps aura duré sa souffrance. Il faut préciser ici que même les africains sont devenus monothéistes, la croyance au super naturel reste encore très ancrée dans notre culture, donc sur ce fait, une mort chez nous n’est jamais naturelle. Pour 50 % des cas, elle est toujours due à telle chose ou à cause d’une tierce personne. Malgré la médecine nouvelle, le tradipraticien n’est jamais très loin.
La cérémonie des funérailles débute à 4 h du matin, par le réveil de la (ou les) veuve(s) qui sera amenée à la rivière pour le rituel de lavement, par ses belles-sœurs –elles-mêmes veuves-. C’est à ce moment qu’elle quittera ses vêtements de tous les jours pour un habit blanc qu’elle portera pendant sa période de veuvage… Mais, pourquoi à l’inverse, les hommes ne portent-ils pas le veuvage ? C’est une forme d’injustice.
Pour les rites coutumiers, on utilise de l’eau fraichement puisée. On ne mélange pas les hommes et les femmes. Les hommes sont dans la cour avec un grand feu qui brulera pendant tout le deuil et les femmes au salon ou dans la cuisine, la veuve restant cloîtrée dans le silence, tout de blanc vêtue.
Au retour de la rivière, la veuve est assise à l’arrière-cour pour des rites. Il lui sera demandé de procurer, lors de ce rituel, un grand récipient, une machette, une houe, des graines, des racines et du bois. Ce bois est brûlé devant elle et seulement ses sœurs pourront cuisiner son repas.
La grand-tante du défunt (ou de la défunte) utilisera l’eau fraîche pour les mélanges de plantes, tout ceci toujours près de la tombe et chaque membre de la famille, à tour de rôle, à commencer par les enfants, doit procéder au lavement. On doit se déshabiller, la grande tante vous fait boire ce mélange d’eau et de plantes et vous lave avec. Tout d’abord le visage (« que ton visage brille et que la tristesse s’efface »), les pieds (« que ton pas soit léger ») et le reste du corps pour que « tout ce que tu entreprendras dans ta vie future réussisse ».
A 14 heures, les premières bouchées du repas se prennent à côté de la tombe et elles ne sont jamais avalées. Puis, le reste est versé sur le tombeau.
J’ai omis de préciser que tout le monde se rase la tête et que chez nous, le lieu d’un deuil est aussi symbole de festivités. Beaucoup viennent pour se gaver et un deuil réussi reste celui où il y a à manger et à boire à gogo.
Un an plus tard, la veuve est reconduite à la rivière pour enlever son habit blanc. Pour elle, une nouvelle vie recommence. C’est une façon pour les familles de faire définitivement leur deuil.
Pour une mort accidentelle, nous devons accomplir des rituels qui, cette fois, se déroulent dans la forêt. Ils seront effectués par une personne initiée, une sorte de chaman chez nous.
La cérémonie se termine par un repas dans lequel seront mélangées des plantes médicinales traditionnelles. D’après nos coutumes ancestrales, cela permet d’éloigner la mort de nos proches, de purifier l’esprit du défunt et de nous purifier aussi par la même occasion.
Voilà, j’espère avoir apporté quelques réponses aux questions que nous nous posons.

Florence

Conseil de la Vie Sociale, Groupe d’Expression

Je siège actuellement à deux Conseils de la Vie Sociale, depuis 3 ans et en tant que Président sur l’établissement de Clairefontaine.

La principale difficulté que nous rencontrons est liée à son éclatement géographique, ce qui ne facilite pas la venue des différents participants (nous faisons tourner nos réunions sur les trois adresses). Autre constat, le manque de fidélisation des jeunes femmes.

Nous démarrons la réunion par un rapide tour de table afin de nous présenter, nous en profitons pour faire un petit rappel de ce qu’est « le Conseil de la Vie Sociale ».

Le démarrage de la réunion est toujours un peu laborieux, les principaux sujets abordés sont : le RESPECT, les horaires de sortie, les visites, « que vais-je devenir à la sortie », des problèmes d’intendance etc..
Ce qui est très intéressant est la confrontation des différents modes de vie (vie au foyer, en appartement etc..). Nous assistons à des échanges très fructueux.

Il est très important que l’information sur la tenue du Conseil, soit largement diffusée à tous les niveaux. De la convocation avec ordre du jour jusqu’au procès verbal de la réunion, ce qui permettra de ne pas perdre de temps avec les mêmes questions qui reviennent à chaque fois. Et surtout, cela permettrait de bien « formaliser » cette instance.

Depuis la rentrée, je siège également au Conseil du « Vieux Logis ». Dans cet établissement on sent une forte implication o ce conseil. Les participants (filles, jeunes femmes, garçons et parents) de statuts très différents s’investissent plus. Il y a eu l’an passé une soirée cinéma organisée par les membres du Conseil. Nous retrouvons un peu les mêmes sujets de préoccupation : le RESPECT etc..

Pour conclure, l’utilité du Conseil me semble incontestable. C’est un lieu d’échange un peu hors des structures habituelles pour les jeunes, dû à la composition et à la diversité des intervenants qui le compose.
C’est pourquoi, il est très important de bien se présenter, bien expliquer qui l’on est, afin qu’il n’y ait pas de confusion ou de malentendu de la part des jeunes (nous ne sommes pas des pros, dans mon cas un ancien de Saint-Lambert et surtout un membre des 3A).

A la fin du Conseil, les questions viennent de la part des jeunes concernant les 3A.

Donc, je persiste et je signe.

Denis PARETTE
Membre des 3A

Le Château d’autrefois

par Jean-Louis Guilain, ancien du Logis

Au début des années soixante, le château n’avait pas l’allure qu’il a aujourd’hui. Beaucoup de transformations ont modifié son esprit.

Tout d’abord, côté rue de Port Royal, il n’existait pas d’entrée dans le bâtiment. L’entrée actuelle de la Direction Générale ouvrait sur la salle de réfectoire et le coin télé.

Le Bureau du Directeur Général était un dortoir (le dortoir bleu il me semble).

Il n’y a pas eu de transformation notoire sur la façade. Toutefois, de chaque côté de l’escalier, il y avait une énorme haie de troènes de plus de deux mètres de haut et large d’au moins un mètre cinquante.

Le rez-de-chaussée a servi plusieurs fois de salle de spectacles pour les fêtes ou manifestations qui étaient organisées dans le réfectoire, transformé pour l’occasion en music-hall ou en hall de réception.
Quatre tables de huit faisaient une scène digne des plus grands cabarets. Les bancs du réfectoire s’alignaient pour offrir de magnifiques places aux spectateurs (tout le monde bien sûr participait aux festivités).
En un rien de temps s’improvisait la mise en place du music-hall, et pouvait débuter « la soirée orchestre ». La batterie et les guitares électriques commençaient à donner et c’était la présentation d’un concert de musique et de chansons « yéyé » (Satisfaction et les Rolling Stones étaient à l’honneur) et ça pulsait terrible !

Ou alors « soirée veillée » et présentation de numéros. Des chants, des mimes, du jonglage, des jeux d’instruments de musique, des histoires vraies, drôles ou cocasses (déjà quelques talents d’humoristes !).

D’autres manifestations étaient conçues comme par exemple « le Noël rétro ». Avec l’aide de quelques éducateurs et de personnels de service, nous avons préparé Noël en organisant une soirée médiévale. Tout le réfectoire s’est retrouvé tapissé de papier Kraft et repeint en décor château fort modèle onzième siècle. Le personnel ainsi que les ados et jeunes adultes avaient fabriqué leurs costumes d’époque pour s’accoutrer du meilleur effet. La soirée s’était déroulée autour d’un repas de Noël rustique.
A la fin du réveillon, il avait été prévu que chaque convive offre un petit cadeau à son voisin (au préalable, chacun avait tiré au sort, quelques semaines avant la fête, le nom de l’heureux élu).
Je me souviens avoir offert un livre de poche.
Ce fut une belle fête !

D’autres soirées s’étiraient devant la télé. Par exemple, l’immanquable film du dimanche soir en noir et blanc ou les « dossiers de l’écran ». Ambiance fumée de tabac brun garantie.
Et oui, à 13/14 ans, on pouvait fumer comme des hommes et l’on ne s’en privait pas : « Allez, file moi une taffe » ou « je crache, passe moi une clope ! ».

Mais, passons au premier étage :
Montons le grand escalier de bois, qu’à tour de rôle par groupe de quatre ou cinq l’on grattait à la paille de fer et qu’ensuite l’on encaustiquait et frottait pour faire briller.. Le travail terminé, le lieu dégageait une bonne odeur de cire d’abeille et de bois d’antiquaire
A l’étage, le couloir menait de part et d’autre au dortoir rouge et au dortoir vert. Au milieu du couloir se trouvait le logement de l’éducateur d’étage, en l’occurrence Robert CAILLETON.

Ah ! Quel souvenir de revoir Robert qui poussait la porte du dortoir en sautant comme un pantin dans sa boîte, torse nu et en slip « kangourou », en nous hurlant de la fermer, car il était tard et les feux éteints.
Dès qu’il avait tourné les talons, le chahut reprenait de plus belle.

Chaque soir, entre 19 h et 19 h 15 après la douche, nous avions aussi notre quart d’heure de réparations des bobos de la vie. Quelle barbe de foutu acné !

Dans un recoin du couloir du premier, il y avait un placard dans lequel on pouvait trouver un réconfort physique et moral. Des produits pour la peau, pour les yeux, les oreilles, le mal de tête ou le mal de ventre étaient distribués par Eliane LAMBEAUX.
Elle prenait un malin plaisir à se moquer de nos nez de bœuf ou à piquer les gaufrettes et de nos affreux boutons qui disparaissaient sous une épaisse crème blanchâtre.

En reprenant l’escalier, on arrivait à un demi-étage intermédiaire où plusieurs piaules de quatre ou de deux étaient réservées aux plus vieux des Saint-Lambériens et quelques fois aussi à des stagiaires éducateurs.
Là, c’était quartier pratiquement interdit pour les plus jeunes, car il fallait respecter scrupuleusement la hiérarchie, ou attention aux retombées !!..

En haut, les jeunots (13/14 ans)
A l’étage intermédiaire, les plus vieux (19/21 ans)
Au premier étage, les moyens (15/17 ans)
En bas, les moyens vieux (17/19 ans).

Enfin, on atteignait le deuxième étage pour arriver dans l’antre des plus jeunes : les bleus, répartis entre le dortoir orange et le dortoir jaune.
C’était l’endroit de tous les dangers. Tout d’abord, les concours –des plus insolites aux plus farfelus. Certains concours ne sont d’ailleurs pas racontables pour des oreilles chastes. Toutefois, l’un d’entre eux était particulièrement rigolo. C’était le concours de pets avec gaz, flammes et poils grillés qui dégageaient une odeur acre de cochon brûlé et de soufre mélangés.
La plus grande flamme réalisée désignait le vainqueur.

Autre exploit.
L’acrobatie la plus dangereuse commençait par monter sur le rebord du toit et de la gouttière. En se tenant en équilibre sur le rebord du toit, le jeu consistait à aller et venir d’un côté et de l’autre de la façade. Par bonheur, aucun accident n’a jamais été à déplorer.
Mais quelle montée d’adrénaline !!.

Allez, redescendons au rez-de-chaussée et sautons au sous-sol. Là, c’était l’endroit stratégique, la cuisine. Il fallait toujours être en bon terme avec le cuisinier. Ca aidait pour le rab et les goûters en catimini après la collation des éducateurs. Café au lait et tartines de pain au beurre étaient vraiment un régal avant de retourner en cours pour les deux dernières heures de classe. C’était bien d’être copain avec le cuistot. « Vraiment merci, maître Georges » !!

Il est vrai qu’à St Lambert, en toutes circonstances, la bouffe a toujours été, pour moi, le meilleur réconfort.

L’autre partie du sous-sol était occupée par les douches, le vestiaire et la machinerie du château.

Pommes de douche au plafond, caillebotis au sol, on s’entassait à une vingtaine pour se décrasser dans un immense nuage de vapeur.
Ensuite, on se séchait et on se rhabillait dans le vestiaire avant de regagner le réfectoire pour le repas du soir.

Du côté jardin, la façade du château n’avait pas le même cachet. De part et d’autre de la petite porte à l’arrière, un escalier de dix à douze marches donnait accès à un bureau verrière. Deux jolies rambardes à volutes décoraient la montée d’escalier.

L’un des deux bureaux était celui du secrétariat et l’autre était celui de l’économat.

Ces quelques anecdotes donnent un brin de nostalgie à ces belles années passées à Saint-Lambert, d’autant plus que nous ne connaissons pas à l’heure actuelle, quel sera l’avenir du château après le départ de la Direction Générale à St Quentin en Yvelines.

Souhaitons qu’on lui trouve rapidement une nouvelle vie avant qu’il ne disparaisse…

Jean-Louis GUILLAIN

La sortie

par Flo

Que représente la sortie pour une jeune ?

La sortie est un nouveau départ. On entre dans la vie active. On est seul et totalement responsable de ses actes.

Comment appréhender la sortie du Vieux Logis ? Comment vit-on son départ ?

A quoi ça sert, une fugue ?

A quoi ça sert, une fugue ?

Je devais avoir quatorze ans peut-être (ma mémoire me fait un peu défaut, enfin cela remonte vers 1963/64…).

Journée d’automne, pluie et vent, climat pourri. Mauvaise journée qui démarre mal, je la sens pas, je m’engueule avec une grande partie de l’équipe. Je suis un incompris et l’injustice n’est pas loin.

Il faut que j’attire l’attention sur MOI. C’est décidé une bonne fugue devrait occasionner une forte mobilisation de Saint Lambert. Un ciré sur le dos, il est 12 heures, j’attaque par le fond de la propriété, but me faire récupérer rapidement car mon absence va être remarquée rapidement (ne suis-je pas un personnage important, un VIP ?). Je marche sous la pluie, je ne croise pas âme qui vive, aucun secours à ma recherche. C’est désolant, je suis trempé, il est 19 heures.

Demi-tour, je rentre. Saint Lambert continue de vivre sans moi et personne n’a rien remarqué, je passe à table (à l’époque il n’existait que le château comme unité de vie). Pas de remarque, pas d’allusion (bien qu’un petit sourire soit au coin des lèvres de Serge L) la vie continue et elle est BELLE.

Denis Parette, 16 janvier 2007

La Planque et Dédicace Inavouable

par Carmen Larivière, ancienne du Refuge, aujourd’hui l’Oustal

La Planque :

Je me souviens c’était en 1978, une fille de l’Oustal Catherine M. s’était faite renvoyée par le Directeur. Elle devait donc retourner à Argenteuil vivre auprès de sa grand mère qui l’avait élevée. Cette solution ne lui convenait pas pour des raisons qui lui appartenaient, de plus son petit copain habitait à deux pas de l’Oustal.

….

Dédicace inavouable :

En avril 1980 je revenais de fugue avec Brigitte. Les camps étaient tous pleins et organisés ; Il n’y avait absolument plus de place et nous ne devions pas restées au Pavillon pendant les vacances scolaires. Les éducateurs nous trouvent à Brigitte et moi un camp dans une association privée. Comme beaucoup de jeunes nous y allons avec du recul car nous ne voulions pas dire que nous venions d’un foyer et l’on craignait que cela se sache.

Témoignage d’Alissata

Le témoignage d’Alissata, ancienne de la Passerelle et du Vieux Logis

Je suis arrivée en France en février 2002 à l’âge de 15 ans. C’est une dame française qui a proposé à ma tante de m’amener chez elle pour m’occuper de sa petite fille et de moi également.

Pendant 2 ans ce fut l’enfer, je n’avais pas le droit de sortir, je devais tout faire dans la maison, j’étais battue, j’étais continuellement maltraitée. Un jour je n’en pouvais plus, c’était trop je suis allée au commissariat. La police a arrêté la personne qui a été condamnée , elle m’a placée au foyer de Brétigny, pendant 6 mois puis je suis allée dans une famille d’accueil, c’était un couple de personnes âgées des gens très gentils. Il y avait 2 autres jeunes.

Après je suis allée au foyer la passerelle, 2mois à Etampes, un an et demi à marolles. A 18 ans je suis allée dans un studio à Montgeron jusqu’à mes 21 ans ; c’est florence qui m’a dit, viens aux 3A,
Dans le studio, je découvrais un peu la vie, je voyais l’éducateur 2 fois par semaine, c’était le début de l’autonomie. Une semaine sur 2 j’allais voir la psychologue. J’ai fait un stage en crèche pour voir quel métier faire, j’ai été embauchée sur un CDD., j’y suis toujours ; il est question d’un CDI..

La passerelle s’était occupée de tous mes papiers, car je n’avais rien. J’ai demandé à être naturalisée. Sans papiers j’avais peur de faire des bêtises.
Je suis très fière de moi car j’avais des doutes sur mes possibilités. D’autres jeunes aimeraient être à ma place.
Parfois je déprimais, car je ne connaissais personne. Je voyais les autres aller dans leur famille et moi j’étais dans ce pays étranger. J’avais tellement souffert, je n’arrivais pas à dormir, j’étais inquiète…. Pour le W.E. et les vacances, j’avais un éducateur pour moi toute seule…..ça c’était bien.
Mes parents sont morts j’avais 2 ans. J’ai 5 frères et sœurs à Ouaguadougou.
Je suis seule en France…. Je suis trop contente d’avoir réussi, j’ai acquis de la maturité, je suis motivée pour continuer, mes employeurs sont supers. Je suis trop contente.

La transmission :
Je voudrais dire aux jeunes, mettez de l’argent de côté. Il faut de l’argent pour vivre, pour payer le loyer. Et puis il faut du respect. Du respect ?
Oui du respect au niveau des éducateurs, et puis entre eux. Mais surtout avec les éducateurs. Je leur ai manqué de respect j’étais insolente, je ne voulais pas me mélanger aux autres. Ce serait bien aussi de parler de la contraception, du planning familial, on en parlait quand on pouvait aller faire le test à la gare
Alissata

Du garçon manqué que j’étais avant à la femme mature que je suis maintenant….

Du garçon manqué que j’étais avant, à la femme nature que je suis maintenant…..

Lorsque je suis arrivée à espace ado., je n’étais pas stable psychologiquement, je suis passée de famille relais en famille relais, elles m’ont beaucoup apporté, enfin certaines. Nous avons fait des démarches administratives, pour que j’ai des papiers.

Le directeur a été très patient. Il m’a orientée vers le vieux logis.
Au vieux logis, ils m’ont donné un bon « coup de pouce » ; J’avais obligation de voir le psychiatre, psychologiquement c’était difficile pour moi, car il n’est pas évident de parler de ce que l’on a vécu, c’était très violent.

A espace ado. J’ai eu une famille en or. On est resté en contact, j’étais anorexique. Avec leurs conseils et leur patience, j’ai pu réapprendre à manger, à vivre, c’est grâce à elle.

Au vieux logis, j’ai bénéficié d’un contrat jeune majeur, c’est l’autonomie. On est toute contente. Quelle émotion de découvrir l’appartement, un presque chez moi. Je me suis dit est-ce que je dois laisser mes affaires dans la valise ?
Etre chez moi, c’est quelque chose que je recherchais car j’aime vivre seule. Là j’ai commencé à changer, à devenir quelqu’un d’autre. J’ai quitté petit à petit le garçon que j’étais pour devenir une femme.

Après des difficultés financières, flo a été obligée de quitter son appartement, avec des dettes, elle est en Angleterre pour parfaire son anglais, car elle a eu son bac pro ; tous les anciens du bureau des 3A continuent de la soutenir, elle a un poste de commis de cuisine, mieux qu’en France dit-elle.

La transmission :
Il faut décoder, cela peut être transmettre un savoir faire, ça peut être une idée de mère à fille…
J’ai envie de transmettre mes expériences, ce que j’ai vécu, les erreurs que j’ai commises pour que les autres ne les fassent pas. Ce n’est pas gagné. Pour capter leur attention il faut de l’insistance, vers la fin de nos rencontres dans le cadre du groupe d’expression, les jeunes du foyer se projetaient un peu, ils venaient après pour parler. J’aurais voulu aller plus les voir dans les groupes. Il faut insister.
Je voudrais leur raconter les difficultés du monde extérieur, qu’ils mettent de l’argent de côté, qu’ils sachent que quand on est pris en charge on est dans un cocon que le cocon s’ouvre subitement…on est comme dans la jungle.

flo